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Le mythe de l’Europe en paix depuis 1945 : l’exemple français Au lendemain des attentats du 13 novembre à Paris, devant le Congrès, François Hollande affirmait d’un air grave «  La France est en guer re ». Il le répète inlassablement après chaque nouvel attentat ; après Nice, il précisait «  à l’extérieur et à l’intérieur de la France  ». La terre sacrée des droits de l’homme, de la paix et des Lumières se réveille en état de guerre, lâchement attaquée par la barbarie et l’obscurantisme. Voilà la version de l’histoire à laquelle nous devrions tous adhérer, nous peuples de l’Europe civilisée qui avons réussi à vivre dans la paix depuis septante ans. En réalité, nous n’avons jamais cessé d’être en guerre. Et la France est un exemple clair de ce permanent état de guerre. Un rappel historique s’impose. Une époque de guerres ininterrompues Le général Giap, et Ho Chi Minh,  La seconde guerre mondiale à peine terminée, le gouvernement...

El mito de una Europa en paz desde 1945: el ejemplo francés

Al día siguiente de los atentados del 13 de noviembre en Paris, frente al Congreso, François Hollande afirmó con un tono grave que « Francia está en guerra ». La misma frase la repite sin cesar sistemáticamente después de un atentado. Después de los eventos de Nice, añadió que « la guerra está fuera y dentro de Francia ». La tierra sagrada de los derechos humanos, de la paz y de las Luces amaneció en un estado de sitio, una guerra emprendida cobardemente por la barbarie y el oscurantismo.   Esta es la versión de la historia que nosotros deberíamos aceptar y asumir, nosotros, pobladores de una Europa civilizada que alcanzamos vivir en paz desde ya hace setenta años. En realidad, nunca acabamos con la guerra. Y lo que pasó con Francia es un ejemplo claro de este estado permanente de guerra. Es importante recordar algunos hechos históricos. Un periodo de guerras continúas. Cuando la segunda guerra mundial apenas se acabó, el gobierno provisorio francés, proveniente de las f...

Réflexions d’après Brexit (2) : La révolution néo-libérale

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À la fin de la seconde guerre mondiale, la droite était politiquement sur la défensive. L’Union soviétique avait payé un lourd tribut à la lutte contre le nazisme ; en France, le parti communiste portait le surnom glorieux de « parti des fusillés » et le rapport de forces penchait en faveur du monde du travail. Les luttes d’indépendance se développaient dans les colonies, la Chine de Mao représentait un espoir concret pour le Tiers-Monde dont les masses, elles aussi, avaient payé le prix de la guerre dans les armées des colonisateurs. Dans ce contexte, la droite s’est réorganisée, elle a travaillé dans l’ombre, mais d’arrache-pied, à la reconquête intellectuelle et politique, pendant trois décennies. Il s’agissait de reconquérir les esprits et de préparer le terrain politique. L’aboutissement de cette reconquête, c’est l’Amérique de Reagan (1981-1990), la Grande-Bretagne de Thatcher (1979-1990) et le Chili de Pinochet (1973-1990). Pour mettre en place cette «...

Réflexions d’après Brexit (1) : Le mythe de l’Europe sociale

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En 1965, Georges Debunne, alors président de la Centrale Générale des Services Publics [1] , écrivait : «  L’Europe que nous voulons bâtir n’est pas celle des patrons, des cartels et des trusts, mais une Europe orientée vers la démocratie politique, économique et sociale, vers les relations pacifiques et la coopération avec les peuples  » [2] . Pour y arriver, le dirigeant syndical souhaite obtenir, «  dans les institutions européennes, les mêmes droits de consultation, de codécision et de contrôle que ceux que les organisations syndicales ont acquis sur le plan national . » Conformément à cette stratégie, il présidera la création de la Confédération européenne des syndicats (CES), le 8 février 1973, dont il sera vice-président, puis président jusqu’en 1985. La CES a toujours été partisane de la création d’États-Unis d’Europe, dotés de compétences supranationales et de l’élargissement à tous les pays démocratiques de l’Europe occidentale. En 1958, le tra...

25 ans après la révolte des jeunes à Forest Première, deuxième, troisième génération, toujours la répression…

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Le 10 mai 1991 éclatait à Forest, en Belgique, la première révolte de jeunes issus de l’immigration. Suite à un énième contrôle au faciès par des policiers communaux, le quartier s’enflammait. La révolte dura trois jours, elle s’étendit un peu aux communes avoisinantes, Saint-Gilles, Anderlecht… Elle ne prit jamais l’ampleur des révoltes que la France connaîtra régulièrement et, spectaculairement, en novembre 2005. Et pourtant, elles ont marqué définitivement la politique nationale et communale, et même la politique tout court, à l’égard des jeunes des quartiers populaires de Bruxelles. Vingt-cinq ans plus tard, la réponse des gouvernants de l’époque à la révolte des jeunes Bruxellois permet certainement d’éclairer les raisons du mal-être d’une partie de plus en plus grande de notre jeunesse. Y compris de ceux qui ont tenté de mettre fin à ce mal-être en entamant le grand voyage vers la Syrie et, pour certains d’entre eux, vers le terrorisme. Car la seule réponse aux demandes de la ...