samedi 14 juillet 2018

"Balance ton porc" a accouché d'un déni de justice: l'affaire Tariq Ramadan


Le 14 octobre 2017, une journaliste française, lançait la campagne « Balance ton porc », s’inspirant directement de l’affaire Weinstein aux États-Unis. En quelques jours, l’appel suscita 200.000 messages relatifs à des faits de harcèlement, d’agression et ou de viol à l’encontre des femmes.

Neuf mois plus tard, jour pour jour, la campagne a accouché d’un déni monstrueux de justice : le seul homme dénoncé à se trouver en prison est le professeur Tariq Ramadan. Il a été incarcéré le 2 février 2018, alors qu’il s’était rendu volontairement chez le juge d’instruction pour répondre à ses questions et défendre sa version des faits. Depuis, M. Ramadan a été placé en isolement, privé des soins médicaux requis par son état de santé, lynché médiatiquement et jugé de fait par l’opinion publique, les médias et les autorités.

Aucun autre homme public « balancé » au cours de cette campagne, que ce soit sur le continent européen ou nord-américain, ne se trouve en prison. Dans le pire des cas, ils ont dû renoncer à un poste de responsabilité dans le secteur où ils étaient occupés. Les témoignages de certaines femmes, y compris celui de l’initiatrice de la campagne, ont souvent pu être contestés par la partie adverse, ce qui a ralenti les ardeurs de la justice, si tant est qu’il y ait jamais eu ardeur dans ce domaine, sauf pour… M. Ramadan. Aucun élément avancé par la défense n’a été retenu par les juges pour ordonner sa libération en attente d’un procès équitable.

On est en train d’assister dans l’indifférence quasi générale à la mise à mort professionnelle, politique, sociale, psychologique et même purement physique d’un homme dont le tort principal est probablement d’avoir été une figure publique musulmane contestataire de l’ordre établi.
La cause des femmes ne se construit pas sur l’injustice faite aux hommes, quels qu’ils soient. Elle ne peut pas non plus servir à régler des comptes politiques qui lui sont étrangers.

C’est pour cette raison que j'ai signé l'appel réclamant sa libération et que je serai présente devant l’ambassade de France, le 17 juillet 2018 à 17 heures, dans le cadre de la journée internationale réclamant un traitement équitable de Tariq Ramadan. J’espère que nous serons nombreuses, au féminin et indépendamment de nos convictions personnelles.

mercredi 16 mai 2018

Les organisations de résistance palestinienne n'ont pas leur place sur une liste de terroristes

Suite au énième massacre de la population gazaouie par les soldats israéliens, je souhaite rappeler qu'il est urgent de retirer les organisations palestiniennes de la liste européenne des organisation terroristes. Tous les porte-parole sionistes répètent à l'envi que la population gazaouie est composée de terroristes ou, au minimum, est manipulée par des organisations terroristes, notamment le Hamas. Et devant ce tsunami mensonger et haineux, pas mal de supporters de la cause palestinienne hésitent à soutenir la résistance du peuple palestinien et le droit de ce peuple à choisir librement ses dirigeants et ses moyens de combats. Voici les arguments que j'avais développés à ce sujet à l'occasion de la campagne de 2009 pour le retrait du Hamas de la liste européenne des organisation terroristes.


Interview de Nadine Rosa-Rosso par Nicolas Lalande à propos de l’appel au retrait du Hamas de la liste européenne des organisations terroristes (www.elkalam.com) 1er février 2009

Pourquoi lancer un appel pour le retrait du Hamas de la liste des organisations terroristes ?

L’appel est la suite de mon intervention le 17 janvier dernier au forum international de Beyrouth sur le thème « La gauche et l’appui à la résistance » . L’offensive israélienne contre Gaza était encore en cours. Le but plus ou moins explicite de cette opération était d’annihiler autant que possible les forces de résistance à l’occupation de la Palestine depuis soixante. Il s’agit aujourd’hui en premier lieu du Hamas. Nous avons assisté à de nombreuses dénonciations des massacres commis contre la population gazaouie. Par contre, peu de voix se sont élevées pour dénoncer l’objectif même de l’opération, à savoir la liquidation du Hamas et de son implantation dans le peuple palestinien. Une des causes de l’absence de solidarité avec la résistance palestinienne est que toutes ses organisations se trouvent sur la liste européenne (et américaine) des organisations terroristes. Dans son rapport au Conseil de l’Europe de novembre 2007, le rapporteur européen Dick Marty a conclu que « se trouver sur cette liste équivaut à une condamnation à mort ». On ne pourrait être plus clair. Suite aux massacres de décembre 2008 et janvier 2009, et dans la perspective des élections européennes de juin 2009, il me semblait urgent d’exiger que ces organisations soient retirées de la liste et d’ouvrir un débat politique sur la reconnaissance de la résistance.

Quelles raisons ont poussé l’Europe à inscrire le Hamas sur cette liste en 2003 ?

En cette matière comme malheureusement en beaucoup d’autres, l’Union européenne se contente de suivre la stratégie et le modèle américains. Les organisations de résistance palestiniennes, dont le Hamas, figuraient sur la liste américaine des organisations terroristes en 1995, sous la présidence de Clinton. Il s’agissait de mettre fin à l’alliance entre principalement le Hamas et le FPLP qui s’opposaient aux accords d’Oslo. Toutes les organisations (huit au total) qui s’y sont effectivement opposées se sont retrouvées sur la « Specially designated terrorist list » (SDT), visant spécifiquement les « personnes et organisations qui voulaient empêcher le processus de paix au Moyen-Orient ». L’Union européenne a repris les organisations palestiniennes sur sa propre liste après le lancement de la « Global War On Terror » qui a suivi les attentats du 11 septembre 2001, bien  que naturellement les organisations palestiniennes n’avaient rien à voir avec ces attentats.

Vu les pressions politiques exercées sur les députés européens au profit d’Israël (voir le rehaussement des relations entre l’Europe et Israël), est-il concevable d’imaginer un tel retrait ?

La pression du lobby sioniste est effectivement très forte. Il existe même une initiative parlementaire du 12 juin 2008 de députés européens pour ajouter le Hezbollah sur la liste européenne des organisations terroristes. Elle a reçu le soutien de 79 parlementaires européens. D’autre part, avec la guerre contre le Liban en 2006 et l’invasion de Gaza en 2008, la légitimité de la résistance, y compris armée, commence à être mieux reconnue dans divers milieux politiques. Tout récemment, une délégation de parlementaires italiens et grecs a rencontré le chef du Hamas, Khaled Meshaal. Il devient de plus en plus clair que toute solution de la question palestinienne se fera avec le Hamas ou ne se fera pas. Notre appel s’adresse aux futurs parlementaires européens mais aussi à leurs électeurs : cessez de voter pour des candidats qui criminalisent la résistance ! Nous poserons la question aux têtes de liste des partis candidats aux élections dans les 27 pays de l’Union européenne et nous publierons leur réponse. Nous ne pourrons sans doute pas obtenir satisfaction au cours de cette campagne mais nous pouvons imposer un débat politique et faire pression sur les futurs élus. Le 26 janvier 2009, le Conseil de l’Union européenne a retiré les Mujhedin du Peuple (Iran) de la liste des organisations terroristes. Depuis la création de la liste européenne, cinq groupes et dix-huit individus en ont été retirés, au total. Il est aussi encourageant que de plus en plus de voix s’élèvent, dans les milieux politiques, juridiques et militants contre l’existence même des législations antiterroristes.

La gauche européenne, que vous représentez, vous soutient-elle dans cette démarche ?

Je ne représente pas la gauche européenne, je suis une militante communiste indépendante. L’appel a été lancé le 1er février et adressé, notamment, à tous les députés européens regroupés dans le groupe des Verts, de la Gauche Unie européenne et dans le groupe socialiste. Jusqu’à aujourd’hui, à l’exception notable de Giulietto Chiesa (Italie, groupe socialiste au Parlement européen), qui a immédiatement signé l’appel, nous n’avons reçu aucune réponse des autres députés. Cependant, des communistes  très célèbres, comme Henri Alleg et Jose Saramago, ont rejoint l’appel. Nous avons à ce jour récolté, de personne à personne, plus de mille signatures, dont un quart de personnalités connues et de nombreux militants de la cause palestinienne. Les signataires émanent de la plupart des pays de l’Union européenne. Des signatures nous sont également parvenues de tous les continents bien que nous n’orientons pas nos efforts hors de l’Union européenne.

Pourquoi y a-t-il un si grand fossé entre le soutien de la gauche au peuple palestinien et sa négation d’une  partie de la représentation politique de ce peuple, le Hamas ?

Une grande partie de la gauche et de l’extrême gauche ne peut pas admettre qu’une résistance nationale soit dirigée par une organisation qui a un fondement religieux, facteur aggravé quand il s’agit de l’islam. Elle en arrive à nier la reconnaissance de cette résistance par le peuple directement concerné, à savoir le peuple palestinien. La gauche ne fait ainsi que s’écarter davantage des résistances dans le monde et, en définitive, qu’aggraver son isolement dans les populations en lutte. Le débat suscité par l’appel pour le retrait du Hamas de la liste européenne des organisations terroristes devrait permettre, c’est en tout cas mon espoir, d’avancer dans ce débat et de regrouper les forces, aussi au sein de la gauche, qui militent en faveur d’un rassemblement des résistances.

La plupart de ceux qui prônent un maintien du Hamas sur cette liste considèrent que le retirer sans aucune condition reviendrait à soutenir et approuver explicitement ses actions contre les civils israéliens. Qu’en pensez-vous ?

Le peuple palestinien  est dans une situation de guerre et d’occupation depuis plus de soixante ans, face à une force militaire incomparablement plus puissante et bénéficiant de l’appui inconditionnel des États-Unis et, de plus en plus ouvertement de l’Union européenne. Les guerres menées au nom de la lutte contre le terrorisme, tout comme les embargos, ont fait des millions de morts civils dans le Golfe, en Afghanistan et au Moyen-Orient. Reconnaître le Hamas et les autres organisations palestiniennes comme des organisations légitimes de résistance est au contraire le premier pas à faire, de la part de la communauté internationale, pour contribuer à une solution juste de la question palestinienne. Nous ne sommes pas en Palestine occupée, notre rôle n’est pas de décider comment la résistance doit se battre mais de lui accorder la place politique qui lui revient. Seule la fin de l’occupation des terres palestiniennes, par une solution politique juste, peut mettre fin aux morts des civils, quels qu’ils soient.

lundi 14 mai 2018

Appel en 19 langues pour le retrait du Hamas et des organisations de la résistance palestinienne de la liste européenne des organisations terroristes

Pour signer la version actualisée de l'appel de 2009 : Signer ici en ligne/teken hier

À l'occasion du massacre de Gaza et pour contrer le terrorisme israélien, je relance mon appel de février 2009.

Français
Appel pour le retrait du Hamas de la liste européenne des organisations terroristes !

Bruxelles, 1er février 2009

A l’occasion des élections européennes de juin 2009, nous adressons un appel urgent à tous les candidats aux 736 sièges du Parlement européen.

Nous leur demandons de s’engager à obtenir le retrait immédiat et inconditionnel du Hamas et de toutes les organisations de libération palestiniennes de la liste européenne des organisations terroristes.

Nous demandons que l’Union européenne reconnaisse le droit à l’autodétermination du peuple palestinien. Cela implique la reconnaissance du Hamas par l’Union européenne comme un mouvement légitime de libération nationale.

Anglais
Appeal for the removal of Hamas from EU terror list !

 On the occasion of the June 2009 European elections, we are launching an
urgent appeal to all candidates for the 736 seats in the European
parliament.

We ask that they actively pursue the immediate and unconditional
removal of Hamas and all other Palestinian liberation organizations from
the European list of proscribed terrorist organizations.

We further ask that they acknowledge the right of the Palestinian
people to self-determination and, by so doing, recognise, Hamas as a
legitimate voice for the Palestinian people's aspirations for national
liberation.

Nederlands
Oproep voor de verwijdering van Hamas van de Europese terreurlijst !

Brussel, 1 februari 2009.
Naar aanleiding van de Europese verkiezingen in juni 2009 richten wij een dringende oproep aan alle kandidaten voor de 736 zetels in het Europese parlement.
Wij vragen dat de kandidaten zich ertoe verbinden om te ijveren voor de onmiddellijke en de onvoorwaardelijke verwijdering van Hamas en alle Palestijnse bevrijdingsorganisaties van de Europese terreurlijst.
Wij vragen dat Europa het recht op zelfbeschikking voor het Palestijnse volk respecteert. Dit betekent dat de Europese Unie Hamas erkent als een legitieme, nationale bevrijdingsbeweging.

Duits
Appell : Hamas soll von der EU-Terrorliste heruntergenommen werden!

Brüssel, 1. Februar 2009

Wir richten einen dringenden Appell an alle Kandidaten die bei den Wahlen für einen der 736 Sitze im Europaparlament antreten.

Wir appellieren an sie, damit sie sich verpflichten dafür einzutreten, dass die Hamas und alle palästinensischen Widerstandsorganisationen sofort und bedingungslos von der EU-Terrorliste heruntergenommen werden.

Wir fordern von der EU, dass sie das Recht der Palästinenser auf Selbstbestimmung unterstützt. Dies beinhaltet die Anerkennung der Hamas durch die EU als eine legitime nationale Widertandsbewegung.

Turks

Çağrı: Hamas Avrupa terör örgütleri listesinden çıkarılsın

Brüksel, 01 Şubat 2009

Haziran 2009’da yapılacak olan Avrupa Parlamentosu seçimleri yaklaşırken, Avrupa Parlamentosu için adaylığı bulunanlara acıl bir çağrı yöneltiyoruz.

Adaylardan Hamas’ın ve diğer tüm Filistinli özgürlük yanlısı örgütlerin derhal ve koşulsuz Avrupa terör örgütleri listesinden çıkarılmalarını sağlayacaklarına dair söz vermelerini istiyoruz.

Avrupa Birliği’nden Filistin halkının kendi kaderini belirleme hakkını tanımasını istiyoruz. Bu, ancak Avrupa Birliği Hamas’ı ulusal özgürlük yanlısı haklı bir hareket olarak tanırsa mümkündür.

Italiaans
Appello per la cancellazione di Hamas dalla lista europea delle organizzazioni terroriste!

Bruxelles, 1 febbraio 2009

In occasione delle elezioni europee del prossimo giugno, lanciamo un appello urgente a tutti i candidati ai 736 seggi del Parlamento europeo.

Chiediamo loro di impegnarsi a ottenere la cancellazione immediata e incondizionale di Hamas e di tutte le organizzazioni palestinesi di liberazione dalla lista europea delle organizzazioni terroriste.

Chiediamo che l'Unione Europea riconosca il diritto all'autodeterminazione del popolo palestinese. Ciò implica il riconoscimento di Hamas da parte dell'Unione Europea come legittimo movimento di liberazione nazionale.

Spaans
LLAMAMIENTO PARA LA RETIRADA DE HAMÁS DE LA LISTA EUROPEA DE ORGANIZACIONES TERRORISTAS

Bruselas, 1 de febrero de 2009

Con ocasión de las elecciones europeas de junio de 2009, dirigimos un llamamiento urgente a todos los candidatos a los 736 escaños del Parlamento Europeo.

Les pedimos que se comprometan en la retirada inmediata e incondicional de Hamás y de todas las organizaciones de liberación palestinas de la lista europea de organizaciones terroristas.

Pedimos que la Unión Europea reconozca el derecho de autodeterminación del pueblo palestino. Esto implica el reconocimiento de Hamás por la Unión Europea como un movimiento legítimo de liberación nacional.

Grieks
Κάλεσμα για τη διαγραφή της Χαμάς από τον ευρωπαϊκό κατάλογο των τρομοκρατικών οργανώσεων!

Βρυξέλλες, 1η Φεβρουαρίου 2009

Με την ευκαιρία των Ευρωεκλογών του Ιουνίου του 2009, απευθύνουμε επείγουσα έκκληση σε όλους τους υποψηφίους για τις 736 έδρες του Ευρωπαϊκού Κοινοβουλίου.

Τους ζητούμε να δεσμευτούν ότι θα επιτύχουν να διαγραφεί άμεσα και χωρίς όρους η Χαμάς και όλες οι οργανώσεις για την απελευθέρωση της Παλαιστίνης από τον ευρωπαϊκό κατάλογο των τρομοκρατικών οργανώσεων.

Απαιτούμε να αναγνωρίσει η Ευρωπαϊκή Ένωση το δικαίωμα του παλαιστινιακού λαού στον αυτοπροσδιορισμό. Κάτι τέτοιο προϋποθέτει την αναγνώριση της Χαμάς από την Ευρωπαϊκή Ένωση ως νόμιμου κινήματος εθνικής απελευθέρωσης.

Portugees
APELO PARA A RETIRADA DO HAMAS DA LISTA EUROPEIA DAS
ORGANIZAÇÕES TERRORISTAS

Bruxelas, 1 de Fevereiro de 2009

Com o pensamento nas eleições europeias de Junho de 2009, dirigimos um apelo urgente a todos os candidatos às  736 cadeiras do Parlamento Europeu.
Pedimos-lhes que se comprometam a obter a retirada imediata e incondicional do Hamas e de todas as demais organizações de libertação palestinas da lista europeia de organizações terroristas.

Pedimos que a União Europeia reconheça o direito à autodeterminação do povo palestiniano. Isso implica o reconhecimento  do Hamas pela União Europeia  como movimento legítimo de libertação nacional.

Hongrois
Felhívás a Hamasz Európai terrorszervezetek listájáról való törlésére.

Brüsszel, 2009. február 1.

   A 2009 júniusi európai parlamenti választások alkalmából egy sürgős felszólítást intézünk mind a 736 parlamenti szék jelöltjéhez.

Arra kérjük őket, hogy vonják vissza minden feltétel nélkül a Hamasz, és az összes palesztin felszabadító szervezetet az európai terrorszervezetek listájáról.

Felszólítjuk az Európai Uniót, hogy ismerje el a palesztin nép önrendelkezési jogát. Ez magában foglalja a Hamasz, mint jogos nemzeti felszabadító mozgalom elismerését.

Polish
Apel: Wykreślić Hamas z listy organizacji terrorystycznych Unii Europejskiej!

W związku z wyborami europejskimi w czerwcu 2009 r. wystosowujemy pilny apel do wszystkich kandydatów, ubiegających się o 736 miejsc w Parlamencie Europejskim.
Wzywamy ich do podjęcia działań na rzecz natychmiastowego i bezwarunkowego wykreślenia Hamasu i wszystkich innych palestyńskich organizacji narodowowyzwoleńczych z europejskiej listy zakazanych organizacji terrorystycznych.
Ponadto wzywamy ich, by uznali prawo narodu palestyńskiego do samostanowienia i co za tym idzie uznali Hamas za uprawniony głos na rzecz wyzwoleńczych dążeń narodu palestyńskiego.

Deens
Appel for fjernelse af Hamas fra den Europæiske Unions terrorliste!

 Denne appel er til alle kandidater i det kommende valg til Europaparlamentet, Juni 2009, hvor 736 medlemmer af parlamentet skal vælges.

Vi opfordrer alle kandidater til aktivt at medvirke i en ubetinget fjernelse af Hamas og alle andre palæstinensiske befrielsesorganisationer fra den Europæiske Unions terrorliste.

Vi opfordrer ligeledes til, at kandidaterne anerkender det palæstinensiske folks ret til selvbestemmelse og hermed anerkender Hamas som legitim stemme i befolkningens stræben efter national frigørelse.

Zweeds
Begäran för avskrivning av Hamas från EU-terrorlisan.

Vid tillfället av valet till det Europiska Parlamentet, vill vi passa på att begära alla kandidater som ställer upp i valet till de 736 mandater att:

Se till att Hamas och alla andra palestinska frihetskämpare partierna, omgående och ovillkorligt avskrivas från den Europiska Unionens terrorlistan.

Dessutom vi kräver de kandidaterna att erkänna palestiniernas rätt till självbestämmande, och därpå, erkänna Hamas som en legitimerad röst för Palestinska folkets önskan för national liberation.

Roumeens
Apel pentru scoaterea Hamas de pe lista europeană a organizaţiilor teroriste!

Bruxelles, 1 februarie 2009

Cu ocazia alegerilor europene din iunie 2009, adresăm un apel urgent tuturor candidaţilor la cele 736 locuri în Parlamentul European.

Le cerem ca ei să se angajeze la a obţine scoaterea imediată şi necondiţionată a Hamas şi a tuturor organizaţiilor care luptă pentru eliberarea Palestinei de pe lista europeană a organizaţiilor teroriste.

Cerem ca Uniunea Europeană să recunoască dreptul la autodeterminare a poporului palestinian, ceea ce înseamnă recunoaşterea Hamas de către Uniunea Europeană ca mişcare legitimă de eliberare naţională.

Slovène
Poziv k odstranitvi Hamasa z evropskega seznama terorističnih organizacij!

V luči prihajajočih evropskih volitev sprožamo nujen poziv vsem kandidatom, ki se bodo junija 2009 potegovali za 736 sedežev v Evropskem parlamentu.
Kandidati naj si aktivno prizadevajo k takojšnji in brezpogojni odstranitvi Hamasa ter vseh ostalih palestinskih osvobodilnih organizacij z Evropskega seznama terorističnih organizacij.
Na kandidate apeliramo tudi, naj palestinskemu ljudstvu priznajo pravico do samoodločanja in s tem potrdijo Hamas kot zakonite predstavnike palestinskih prizadevanj k narodni osvoboditvi.

Arabe
نداء من أجل نزع حماس من على لائحة الارهاب الأوروبية

بروكسل, الأول من فبراير 2009
بمناسبة الانتخابات الأوروبية التي ستقام في يونيو 2009 نوجه نداء عاجلا لكل المرشحين للمقاعد ال 736 في البرلمان الأوروبي نطالبهم فيه الالتزام بنزع حركة حماس و بقية حركات التحرير الفلسطينية من على لائحة الارهاب الأوروبية.
و نطالب كذلك أوروبا باحترام حق تقرير المصير للشعب الفلسطيني. مما يعني أن تعترف أوروبا بحماس كحركة تحرر وطني مشروعة.
الشهرة                  الاسم                   الصفة             البلد                     البريد الالكتروني

Rusland
Призыв  к  исключению Хамас  из  списка террористов, составленного ЕС. 

             По случаю  европейских июньских  выборов 2009г.  мы обращаемся  с призывом ко всем кандидатам на 736 мест в Европарламенте.

            Мы просим их активно выступать за немедленное и безоговорочное исключение Хамас и  всех остальных организаций  за освобождение Палестины из Европейского списка  террористических организаций.

            Мы также просим признать право палестинского народа на самоопределение  и, таким образом, признать Хамас законным выразителем  воли палестинского народа к национальному освобождению.

Créole (Haïti)
Kout rèl pou retire Hamas sou lis òganizasyon teworis Ewopeyen !

 Nan okazyon eleksyon ewopeyen an Jwen 2009, nap voye on apèl bay tout kandida pou 736 chèz nan Palman ewopeyen.

Nap mande yo pou yo pran angajman pou retire prese prese e san kondisyon Hamas ak tout lòt òganizasyon liberasyon palestinyen sou lis òganizasyon teworis ewopeyen.

Nap mande Inyon Ewopeyen rekonèt dwa oto-detèminasyon pèp Palestinyen. Sa egzije pou Inyon Ewopeyen rekonèt Hamas kòm mouvman liberasyon nasyonal lejitim.

Appel en perse (Iran)
دعوت برای حذف نام "حماس" از فهرست گروههای تروریستی اتحادیهی اروپا

بروکسل – 1 فوریهی 2009

به مناسبت انتخابات ژوئن 2009 اروپا، ما یک فراخوان همگانی خطاب به
همهی کاندیداهای 736 کرسی پارلمان اروپا طراحی کردهایم.
ما از آنها میخواهیم تا فعالانه، حذف بیقید و شرط و فوری نام حماس و
همهی سازمانهای آزادیبخش فلسطینی از لیست گروههای تحریمشدهی
تروریستی را پیگیری کنند.

ما همچنین از آنها میخواهیم تا حق فلسطینیان در داشتن استقلال و قدرت
تصمیمگیری برای خود را تایید و حمایت کنند و از این طریق
حماس را به عنوان صدای قانونی آرمانهای مردم فلسطین در راه رسیدن
به آزادی ملی، به رسمیت بشناسند.


Liste des signataires de la campagne de février-mars 2009

        
Allemagne
ABOUDAN F., Dr. Stellvertret Vorsitzender des Deutsch - Syrischen e.V.
AL-ZOEBI Mohammed, prof. Dr., ex-Minister in Syria
ELSÄSSER Jürgen, journalist, Berlin
FELLER Jonas, Anti-imperialist activist and high school student, Rostock
HAIDER Ahmad, Dr. med. Urologe und Androloge 
HARTMANN Klaus, Offenbach am Main, Bundesvorsitzender des Deutschen Freidenker-Verbandes
HECHT-GALINSKI Evelyn, Publizistin
HELMUT Franz, Oberstleutnant der Deutschen Bundeswehr i. R.
HÖRSTEL Christoph, Regierungs-/Unternehmensberater, Buchautor, Vors. Friedenskreis Deutschland e.V. i.G., Nehls, Gertrud, AK Asyl
ITANI Zouhair, Prof.Dr.med. Dermatologist, Düsseldorf
KARSLI Jamal, FAKT-Party
KREBS Djamila, membre d’Europalestine 
MASSARRAT Mohssen, Professor Dr. Osnabrück 
MAUERSBERGER Günter, Botschafter a.D., Vize- Vorsitzender des Nahostforum e.V.
SCHYDLO Krystyna, Deutsch-Palästinensische Gesellschaft, Ruhrgebiet
SEIFERT Arne C. (Dr.), Botschafter a.D., Sprecher der Initiativer "Diplomaten für Frieden mit der Islamischen Welt"
VON RAUSSENDORFF Klaus, Referent für internationale Fragen beim Bundesvorstand des Deutschen Freidenker-Verbands 
WINTER Heinz-Dieter (Dr.), Botschafter a.D.
19

Autriche
ARTLIEB Marion, Dpl.Ing. computer scientist
BADER Wilfried, local counsellor Angerberg, Tirol
DWORCZAK Hermann, social scientist, trade unionist 
GABRIEL Leo, journalist and social anthropologist, member of the council of the World Social Forum
HOFBAUER Hannes, publisher and publicist 
LANGTHALER Wilhelm, Anti-imperialist Camp
MELVYN Peter, Jewish voices for a just peace in the Middle East
OBERKOFLER Gerhard, University professor, Vice president of the Association Alfred Klahr, Innsbruck
OBID Milan, chairman of the Slovene Students Club Vienna
PIRKER Werner, journalist
SCHAUER Waltraud, former human shield in Iraq
SCHÖGLER Johann, Styrian Peace Platform
STUDEN-KIRCHNER Aleks, author and interpreter 
13

Belgique
ABICHT Ludo
ABOU JAHJAH Dyab, activiste, Belgique-Liban
AHIDAR Fouad, parlementaire bruxellois 
ALEGRE Greta, cinéaste, Artistes contre le Mur 
BEAUGIER Catherine, Poète – Ecrivain 
BENMERAD Djamal, Ecrivain Bruxelles
BORREMAN Hadassah, publiciste 
BORREMAN Shmiel Mordche, Association d'Etude Yechouroun Judaïsme contre Sionisme
BRACKE Sarah, féministe & professor KULeuven
BRICMONT Jean, physicien
CHICHAH Souhail, chercheur ULB
COLLON Michel, écrivain et journaliste 
COSSELLU Mario Gabrielli, Segretario Circolo PRC/SE "Enrico Berlinguer" Bruxelles
DE BRABANDER Ludo, Stafmedewerker vzw Vrede
DE HERT Robbe, cinéaste
DE LEY Herman, emeritus professor.Universiteit Gent 
DE WITTE Ludo, auteur
DE WITTE Paul, Woordvoerder Basisbewehging voor democratie in samenlevving en kerken, 
DEKKERS Daniel, Ingénieur retraité 
DELMOTTE Paul, professeur IHECS
DEQUEECKER Ida, féministe
DERMAGNE Jean-Marie, Avocat, Enseignant à l’Université
DERRICHE Ouardia, membre de l’Association Belgique-Palestine
FADIL Nadia, sociologue 
GEYS Herman, Kunstenaar
GOEMAN Eric, woordvoerder Attac Vlaanderen 
GOOSSENS Pol, journaliste 
HABERKORN Amir
HAMIDI Malika, doctorante EHESS à Paris
HASSOUN Karim, Voorzitter AEL
HOUTART François, professeur émérite de l'Université catholique de Louvain
JENART Nathalie, psychologue, directrice d'un centre PMS, Bruxelles
JORISSEN Francis, webmaster Attac Vlaanderen 
KAREL Arnaut, antropoloog, UGent
LANOYE Tom, auteur
LOS René, bestuurder
LOUCKX Fred, Sociologue,  Vrije Universiteit Brussel
MAHI Yacob, Enseignant, Théologien, Dr. en Histoire et Sciences des Religions, Conférencier, 
MOMMAERTS Omer, militant vakbond ACV-CSC
MORTIER Erwin, schrijver
MOUEDDEN Mohsin, éducateur
MOUSSET Renée, Association Belgique-Palestine, Liège
MUKUNA Olivier, journaliste
PIERART Pierre, Professeur Honoraire Université Mons Hainaut
PLOUVIER Liliane, Professeur de droit international Bruxelles 
PONET Isabelle, enseignante retraitée, 
POSMAN André, eredocent actualiteit Sint Lucasinstituut Gent, lic. Geschiedenis. Dir Concertreeksen DE Rode Pomp Gent 
RAMIREZ Ronnie, cinéaste
ROELS Frank, MD, emeritus professor UGent 
ROSA-ROSSO Nadine, enseignante et auteur 
ROSSEEL Eric, gepensioneerd docent psychologie VUB 
SAÏDI Nordine, Mouvement Citoyen Palestine 
SCHOMBLOND Christiane, chargée de cours honoraire de l'ULB
STASZEWSKI Michel, enseignant, Bruxelles
TURINE Jean-Marc, écrivain 
VAN DEN BERGHE Gie, professor Universiteit Gent, ethicus en historicus 
VAN HOORNE Michel, coordinateur du mouvement ‘Links Ecologisch Forum (LEF)’
VANDECAN Myriam, vzw CODIP
VANDEN BAVIERE Paul, journaliste et historien 
VANDEPERRE Elke, coördinator vzw Motief
VANHOVE Daniel, Observateur civil, auteur, membre de l'ABP et du MCP 
VERCHEVAL Véronique, Photographe
VERCRUYSSEN Frank, acteur
VERGAELEN Eva, writer
VERVAET Luk, président section belge IUPFP 
VERWIMP Remi, coördinator Werkplaats voor Theologie en Maatschappiij
67

Bulgarie 
HADDAD Georges, Writer, Bulgaria/Lebanon
1

Chypre
BELAL Aabdelhai, PHD student
1

Danemark
EL-ABED Chairman Fathi, Danish Palestinian Friendship Association and Candidate to the EU-Parliament (The Socialist People Party)
MAC MANUS Patrick, author
SANDBAEK Ulla, Former Member of the European Parliament
3

Espagne
AMADOR Irene , anthropologue
CAPORALE Alessandra, social anthropologist, university lecturer, Barcelona
FRABETTI Carlo, écrivain
MAESTRO MARTIN Ángeles, mèdica especialista en salud pública 
MAIRA Antonio, Politólogo, redactor Diario digital inSurGente
PEREZ BERROCAL Gloria, programmatrice de télévision 
RAVENTÓS BARANGÉ Anna, PhD Senior Lecturer Faculty of Arts and Letters University of Seville
ROMANO Vicente, professeur d'université 
TALENS Manuel, écrivain
TENA Carlos, periodista 
10

Estonie
Finlande

France
AKEL Marie-Elise
ALLEG Henri
ALLEG-SALEM Gilberte
AMARA Jean-Claude, porte-parole de Droits devant !!, 
BELAHRACHE Radouane, Nîmes
BENGHABRIT Hassan, écrivain/poète
BLEITRACH Danielle, sociologue et écrivain 
BOUAMAMA Saïd, sociologue 
BOUMEDIENE-THIERY Alima, sénatrice
BOUSSOUMAH Youssef, Mouvement des Indigènes de la République  
BOUTELDJA Houria, Mouvement des Indigènes de la République
BRUGUIER Alain, infirmier libéral, vice président de l’AFPS de Nîmes (Gard)
CHAAMBI Abdelaziz, militant associatif
COLONNA Eric, citoyen engagé, Lyon 
CRETAUX Sophie, ex-chercheur au CNRS, agrégée d'histoire
DEDAJ Viktor, cyber-journaliste
DELORCA Frédéric, Sociologue, coordinateur du blog de l'Atlas alternatif
DELPHY Christine, Fondatrice et directrice de la revue NQF
DIAGNE Roland, enseignant en France, militant communiste marxiste-léniniste 
DUTHU Françoise, ancienne députée au Parlement Européen (Les Verts)
EDDE Dominique, écrivain franco-libanaise
FANON-MENDES-FRANCE Mireille
GARREAU Micheline, militante ISM 
GIRARD Youssef, étudiant
HAZAN Eric, éditeur
JENNAR Raoul Marc, consultant en relations internationales
KHIARI Sadri, Mouvement des indigènes de la république 
LACROIX-RIZ Annie, professeur d’histoire contemporaine, université Paris 7
LAHAYE Laure, Chargée de collections en arabe à la Bibliothèque nationale de France, Conseillère de quartier, Paris, 
LAROSIERE Jean-François, responsable syndical et associatif
LEVY Laurent, essayiste
LOPE (de) Monique, professeur émérite à l'Université de Provence 
OLFF-RASTEGAR Perrine, Porte-parole du Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Paix - Strasbourg 
PELLEGRIN-RESCIA Marie L., Présidente, Séminaire d'anthropologie et psychologie sociale J S, Paris V-Sorbonne
REVELLI  Philippe, journaliste
RICHA Raymond, Ingénieur
RUMEAU Mireille, militante ISM
SALEM Jean, philosophe, professeur à la Sorbonne, Paris
SENOUCI Brahim, maître de conférences
STERN Catherine, enseignante d’Histoire à la retraite, ancienne chargée de cours à Paris
TIBON-CORNILLOT Michel, Universitaire, écrivain
ZAAF Mohamed, chirurgien et conseiller municipal
ZEMOR Olivia, présidente de CAPJPO-EuroPalestine et responsable du site europalestine.com
43

Grèce
CONSTANTINOU Petros, Campain Genoa 2001
SIFAKAKIS Yiannis, Stop the war Coalition 
VARNAVA-SKOURA Gella, professeur en sciences de l'éducation à l'Université d'Athènes 
3

Hongrie
SZAMOSFALVI Albert, artiste peintre
1
Irlande
DALTON Des, Vize-Präsident von Republican Sinn Féin, Betriebsrat der Gewerkschaft SIPTU
HAYDEN Josephine, ehem. politische Gefangene in Irland, Sekretärin von Republican Sinn Féin
LAWLOR Zoe, Ireland-Palestine Solidarity Campaign Membership Officer
MAGUIRE Mairead, prix Nobel de la Paix
MORRISON Danny, writer
Ó BRÁDAIGH Ruairí, President Sinn Féin Poblachtach since 1969, IRA Chief of Staff 1956-62
WALSH Richard, Pressesprecher von Republican Sinn Féin und Vorsitzender der Republican Prisoners Action Group
7

Italie
AYALA SOSA Rosa (Dr.ssa), CIEP 
BONALI Giulio
BONAZZI Giuseppe, Professore emerito presso la Facoltà di Scienze Politiche Università di Torino
CERRI Giovanni, Professore di Letteratura greca antica Università di Roma Tre
CHIAROTTO Francesca, dottoranda in Studi Politici, Torino
CHIESA Giulietto, parlamentare europeo e giornalista 
DE SANTI Massimo (Prof.), Presidente Comitato Internazionale di Educazione per la Pace
D'ORSI Angelo (Prof.),  Cattedra di Storia del Pensiero politico Dipartimento di Studi Politici, Università di Torino
GRAZIANI Tiberio, directeur Eurasia. Rivista di studi geopolitici Roma
HACK Margherita, Astrofisica
HACK Margherita, Astrofisica
LOSURDO Domenico, Direttore Istituto Scienze filosofiche, università di Urbino 
MANDUCA Paola, geneticist
MANISCO Lucio, giornalista ed ex parlamentare europeo
MARTINEZ Miguel, website www.kelebekler.com 
MOFFA Claudio, Professor University of Teramo
NOUR DACHAN Mohamed (Dr.), Unione delle Comunità ed organizzazioni Islamiche in Italia 
PAGANI Giovanna (Prof.ssa), Presidente On. Wilpf Italia -Lega Internazionale delle Donne per la Pace e la Libertà 
PASQUINELLI Moreno, Campo Antiimperialista 
RIZZO Mary (Prof.), co-Editor of Palestine Think Tank and co-founders of Tlaxcala, Dr. Art Historian and Art Restorer
VATTIMO Gianni, Filosofo ed ex parlamentare europeo 
VERLICCHI Elsa, Anthropologist, Rome
ZOLO Danilo, Docente di Filosofia del Diritto internazionale, università di Firenze 
23

Lettonie

Lituanie 

Luxembourg
LEGRAND Michel, Président du Comité pour une Paix Juste au Proche-Orient
1

Malte


Martinique
BOUKMAN Daniel, écrivain
CHASSEUR Tony, musicien
CONFIANT Raphaël, écrivain
3

Pays-Bas 
AOURAGH Miriyam, co-organizer Dutch antiwar and antiracism campaign, initiator of the national demonstration for Gaza in Amsterdam, Research Fellow at Oxford University, UK 
BENZAKOUR Mohammed, écrivain et journaliste
BOUZERDA Abdou, président Arab European League
DUISENBERG Gretta, Chair Foundation Stop the Occupation 
LAMP Paul, board member of Stop the Occupation
MEYER HAJO G., Bestuurslid “Een Ander Joods Geluid”
SOETERIK Robert, antropoloog, Middle East Research Associates
7

Pologne
BARTOLIK Pawel Michal, Journalist of Trybuna Robotnicza (Workers Tribune), weekly and websites Viva Palestyna, Internacjonalista.pl and Lewica.pl.
KOWALEWSKI Zbigniew Marcin, researcher and editor
KRZYŻANIAK Piotr, trade-unionist of All-Polish Trade Union "Workers' Initiative" (Ogólnopolski Związek Zawodowy “Inicjatywa Pracownicza”)
3

Portugal
FIGUEIREDO Jorge, Webmaster http://resistir.info 
SARAMAGO Jose, écrivain
URBANO Miguel, écrivain
3

Roumanie
POLGAR Alexandru, philosophe, éditeur de la revue Idea
1

Royaume-Uni
ALI Tariq, writer, film-maker and editor of New Left Review 
ANWAR Aamer, Human Rights Lawyer, Ecosse
ATZMON Gilad, artiste de jazz et écrivain 
BARRETT Mark, civil liberties campaigner, London 
BOUTELDJA Naima, Journalist, England 
BRACKE Maud, lecturer, University of Glasgow 
BROWN Brenda, Chair, Brighton & Hove Palestine Solidarity Campaign, England
CHANDAN Sukant, Chair, English branch of the IUPFP 
COOPER Alan, Senior Lecturer, European College of Business and Management, 
CROOKE Alistair, Conflicts Forum Director and Founder
EL-SALAHI Zaki, Masters student, Edinburgh, Scotland
HALPIN David, FRCS Standing in solidarity with the Palestinian people 
HAYEEM Abe, Chair, Architects & Planners for Justice in Palestine
HEARD Brenda, Founder Friends of Lebanon London
HOUSE James, maitre de conférences à l'Université de Leeds 
HUTNYK John, Professor of Cultural Studies, Academic Director of CCS Goldsmiths University of London
KEHOE Jon, artist, London 
PEIRCE Gareth, solicitor, Londres
RAHWANJI Maha, Member of the Executive Committee, Palestine Solidarity Campaign
RAMADAN Tariq, professor, Oxford/Erasmus Universities
RICHET Mathis, Musician 
RIDLEY Yvonne, journaliste
SCHMID Estella, Kurdistan Solidarity Committee & CAMPACC 
SWYNGEDOUW Erik, Professor of Geography School of Environment and Development Manchester University
THARANI Marishka, Actress 
VIRGIN Robin, Pluto Press, England 
26

Slovaquie 

Slovénie 
Suède
ABUALROB Mohammad, public relations coordinator of the Palestinian People society (Palestinska Folketsföreningen) MYRDAL Jan, écrivain
SCHLERETH Einar, Journalist
WILHELMSON Lasse, teacher 
3
République tchèque 
HORS UE

Afrique du Sud 
KASRILS Ronnie, former South African government minister; writer and activist
MANAMELA Buti, National Secretary Young Communist League of South Africa
TILLEY Virginia, political scientist
ZAAIMAN Andre, Researcher
4

Bangla Desh
BASIR-UL HAQ SINHA Mohammad, Journalist and Secretary General, Democratic Labor Party
1

Brésil 
BOAL Augusto, homme de théâtre
DINIZ VIEIRA Sergio, Jornalista / Publicitário
FONTES Virginia, historienne, Rio de Janeiro 
3

Canada 
BARBEAU-LAVALETTE Anaïs, Réalisatrice Québec
BARGHOUTHY Hani, Writer, editor-in-chief of www.arabianawareness.com
BIBEAU Robert, enseignant à la retraite. Blog Palestine http://www.robertbibeau.ca/
DAWOOD Fakeer, Dr., Prof. Telecommunication, Montreal, Qc
DRURY Ivan, member of Vancouver Socialist Forum, contributing editor of Socialist Voice
LOUIS Tim, Former Vancouver City Councillor
TAWFIK AL-MANSOURI Mohamed, Ph.D., Writer and Researcher, Afnan Magazine 
7

Cuba/Mexico 
GUERRA CABRERA Ángel, periodista y académico, Cuba/México
1

Egypte 
AL KAZAZ Yehia, Egypt, Professeur d’université, écrivain et activiste
MAHSOOB Mohamed, Professeur de droit et Juriste - Faculty of Law, Universite de Menofia
2

Irak
AL RABII Abdallah, Thinker and writer
ALYASIRI Isam, Journalist
2

Iran
TARAGHI Hamid Reza, Deputy of International Affairs, "Islamic Motalefeh Party"
1

Jordanie
BUSTANI Hisham, Writer and Secretary of the Socialist Thought Forum, Jordan
1

Lebanon 
HANAFI Sari, Associate professor, American University of Beirut
KASSEM Mohammad, Beirut International Forum For Resistance, Anti Imperialist, People's Solidarity and Alternatives
LAMB Franklin P. , PhD, Director Americans Concerned for Middle East Peace, Washington DC – Beirut Acting Chair, the Sabra-Shatila Memorial Scholarship Program Laptop Initiative, Shatila Palestinian Refugee Camp
LYNA AL TABBAL Lyna, Chef du département des droits de l'homme à l'université JINAN / Tripoli-Liban
4

Maroc
AMKASSOU Omar, membre du conseil d'orientation du mouvement Justice et Spiritualité
ARSALAN Fathallah, porte-parole du mouvement Justice et Spiritualité 
BAHRAOUI Ghizlain, membre du secrétariat général du cercle politique (mouvement justice et spiritualité)
BELLA Abdellah, enseignant
BENNAJEH Hassan, responsable de la jeunesse du mouvement justice et spiritualité
BICHA Batoul, enseignante
CHIBANI Abdallah, membre du secrétariat général du cercle politique (mouvement justice et spiritualité) 
EL HAMDAOUI Mohammed, membre du conseil d'orientation du mouvement Justice et Spiritualité
EL KADI Mohamed, Président de l'Agence Méditerranée pour la Coopération Internationale, Journaliste / Directeur du Journal "La Méditerranée", Fès
EL MOUTAWAKIL Abdelwahed, Secrétaire général du cercle politique du mouvement Justice et Spiritualité, 
ERRIQ Mustapha, responsable du secteur syndical du mouvement justice et spiritualité
FATHI Abdessamad, coordinateur du comité marocain du soutien aux causes de la Nation
IHARCHANE Omar, chercheur
KASSID Fatima, membre du secrétariat général du cercle politique (mouvement justice et spiritualité)
KHALIFI Mouna, membre du secrétariat général du cercle politique (mouvement justice et spiritualité) 
LAMRABET Asma, Médecin et Essayiste
MANAR Mohammed, chercheur 
RAHMANI Najia, chercheuse,
SAKHRAJI Aziza, enseignante chercheuse
SALMI Mohammed, Responsable du comité des droits de l'Homme (mouvement justice et spiritualité)
SHATER Lakbira, Membre bureau politique du parti socialiste Uni
YAFOUT Merieme, Responsable de la section féminine du mouvement Justice et Spiritualité 
YASSINE Nadia, fondatrice de la section féminine du mouvement Justice et Spiritualité
23

Norvège
HAMAD Nidal, Writer and Joournalist, Palestine/Norway
1

Nouvelle Zélande
AWAD Ghada Dr., MD, MRCOG O&G Specialist
1

Oman
KILANI Hashem, Prof., PhD Faculty of Education Physical Education Department Sultan Qaboos University
1

Palestine
ALHELSI Reham, Regional Planner, Jerusalem, Palestine (résidant actuellement en Allemagne)
KASAB Mahameed Khaled, the founder of the Holocaust Museum in Nazareth
KLAWASMI Abdulmohsin, prof unif, Jerusalem
KHRESHE Hassan Dr., Vice President Palestinian legislative council
NEWMAN Marcy, Associate Professor, An-Najah University, Nablus
5

Russie
ANDREEVA Nina, Secretary general of Central Comity A-UCPB
1

Sri Lanka
MAHADEVAN H., Dy. General Secretary, World Federation of Trade Unions (WFTU)
1

Suisse
CAVALLI Franco, Immediate Past President of UICC (Union Internationale Contre le Cancer), Direktor des Onkologischen Instituts der Italienischen Schweiz (IOSI) in Bellinzona, Initiator medicuba, Nationalrat der SP Schweiz von 1995 - 2007
FINKELSTEIN Caroline, member Collectif Urgence Palestine
FINKELSTEIN Nathan, member Collectif Urgence Palestine
FISCHER Franz, Sekretariat Partei der Arbeit der Schweiz - Sektion Basel, Trade Union UNIA
GHARBI Anouar, Président de « Droit pout tous » et porte parole de la « Campagne Européenne pour mettre fin au siège de Gaza »
HUI Matthias, Fachstelle OeME, Ref. Kirchen Bern-Jura-Solothurn, Schweiz, 
KOUCHAKJI George A., Palestine Solidarity Basel 
LEUENBERGER Peter, Historiker, Vorstandsmitglied Gesellschaft Schweiz- Palästina, Schweiz
SHEIKH KHALIL Nabil, Association to Support Palestinians in Need 
VISCHER Daniel, MP of the Green Party
10

Syrie 
JABBOUR Georges (Prof. Dr.), President UN Association of Syria, Independent Expert Human Rights Council, 2002-2008 Former Presidential Adviser and Member of Parliament)
MANJOUNEH Mohamed, Syria, Deputi Secretary general of The Socialist Democratic Arab Union
SHOUJAA Wael, Writer and Academic, Syria/Venezuela
TARSHAHANI Issam, Poet
WAHAB Mahmoud, Former MP
5

Tunisie
ESSALEM Badr, Jourmaliste
1

USA  
BAROUD Ramzy, Author, Journalist 
BERLIN Greta, co-fondatrice Free Gaza Movment
CATALINOTTO John, managing editor, Workers World Newspaper 
CHRISTISON Kathleen, writer, Palestinian rights activist
CHRISTISON Bill, writer, Palestinian rights activist
DOUGLAS Emory, Former Minister of Culture of The Black Panther Party 
DUMAS F. LAFONTANT Doumafis, Organizer, African Liberation Day 
FINKELSTEIN Norman G., enseignant, auteur
FLOUNDERS Sara, co-director, International Action Center 
PETRAS James, Bartle professor emeritus Binghamton University
PINO Julio (Dr.), professor of history
SEBOGO BERNARD NKUMAH, Chairperson of Boston Branch, All African People's Revolutionary Party
12

Venezuela 
DERONNE Thierry, vice-président télévision publique Vive TV République bolivarienne du Venezuela
DURAND Benjamin, professeur de cinéma et télévision, Caracas
2

mardi 6 mars 2018

La lutte contre le racisme passe par la lutte contre la guerre : la plate-forme du 24 mars me laisse sur ma faim

Le 24 mars 2018, nous serons sûrement nombreux dans les rues de Bruxelles à manifester contre le racisme. Quatre jours plus tôt, le 20 mars 2018, il y aura exactement quinze ans que les États-Unis lançaient leur seconde guerre contre l’Irak. Une guerre qu’ils n’ont à ce jour pas gagnée. Tout comme ils ont perdu la première guerre contre ce pays, lancée dix-sept ans plus tôt.
Les États-Unis ont perdu la guerre contre la Corée en 1953, ils ont perdu la guerre contre le Vietnam en 1975 ; ils ont perdu la guerre contre l’Afghanistan, dans lequel ils sont toujours empêtrés depuis dix-sept ans.
Mais pour ceux qui lancent toutes ces guerres, l’important n’est pas de gagner. L’important est qu’il y ait des guerres, des guerres ouvertes, des guerres rampantes, des guerres à l’extérieur, des guerres à l’intérieur. Des états de guerre permanente dans les ghettos noirs, où la police peut tirer à vue, où les gangs se mènent des batailles sanglantes.
https://www.nouvelobs.com/monde/20130320.OBS2530/guerre-d-irak-10-ans-et-des-centaines-de-milliers-de-morts

Un état de guerre permanent: seuls les pauvres paient

Peu importe à ceux qui en décident : ce sont quand même toujours les pauvres qui paient le prix, ce sont eux qui meurent, qui vivent dans la peur, qui subissent les famines et les épidémies liées aux embargos et à la démolition des infrastructures essentielles ; ce sont eux qui sont handicapés, mutilés à vie, qui n’ont plus d’écoles ni d’eau potable et qui attendent les quelques heures de « couloir humanitaire » ou de ravitaillement tombé du ciel, entre les tapis de bombes. Ce sont les paysans qui sautent sur les mines en cultivant leur champ ou leurs enfants qui naissent encore toujours déformés au Vietnam, plus de quarante ans après la fin de la guerre, des suites de l’agent orange.
Cet état de guerre permanent n’est pas la réponse au terrorisme de quelques milliers d’individus,  c’est au contraire la cause et l’origine de ce terrorisme « d’en bas ». L’état de guerre est strictement indispensable à ce système mondial où l’ordre, il faudrait dire le désordre, est défini par et pour une poignée de milliardaires. Ce désordre mondial dans lequel « la vie urbaine et économique des pays du Nord (la nôtre, donc !) est fondamentalement dépendante des pays du Sud postcolonial (et parfois néocolonial).»[1].

La guerre : un terrorisme cynique, planifié, sur grande échelle, et qui rapporte

Les guerres n’ont pas pour seule mission de préserver l’accès du Nord riche aux matières premières du Sud. Il ne s’agit pas seulement de guerres « pour le pétrole ». Les guerres fournissent un débouché de premier ordre au complexe militaro-industriel : la guerre du Golfe de 1991 a permis d’écouler le gigantesque armement prévu pour combattre l’Union soviétique, entre-temps disparue. Elles sont aussi un immense « salon des inventions » grandeur nature, où les multinationales testent et prouvent sur le terrain l’efficacité de leurs produits. Savez-vous que le GPS a pour la première fois été utilisé pendant la première guerre du Golfe [2]? Toutes les technologies liées à Internet ont connu un essor fabuleux suite à cette guerre. Quelle plus belle publicité pour la technologie qu’une guerre bien destructrice, avec peu de pertes humaines du côté de l’agresseur ? Et détruire signifie reconstruire : de nouveaux contrats juteux en perspective, cette fois pour  les lobbys de la construction, de l’appareillage médical etc. Et avec la garantie que les États s’engageront dans les financements… Profits maximaux garantis. Et puis la guerre permet de développer en permanence l’idéologie de superpuissance, de lutte « contre les barbares ».

La première guerre de la coalition internationale contre l’Irak de 1991 a été précédée, puis suivie, d’un embargo qui a duré dix-neuf ans et qui a été catastrophique pour le peuple irakien. Les deux guerres qui ont ravagé ce pays ont détruit les infrastructures essentielles à la vie économique, sanitaire, sociale et culturelle de la population. À la fin de la première guerre d’Irak, la production d’électricité était tombée à 4 % de ce qu’elle était avant la guerre[3] . L’Agence du renseignement de la Défense américain prévoyait que la guerre mènerait à une « dégradation complète du système d’approvisionnement en eau irakien »[4]. La conjugaison de l’embargo et de la guerre ont ramené l’Irak à une situation préindustrielle, mais dans un pays qui fonctionnait auparavant comme un pays moderne et technologiquement avancé. Toutes les conditions pour un génocide consciemment planifié. La résistance du peuple irakien à toute cette misère é étonné le monde entier, elle a suscité l’admiration des peuples, mais pour les décideurs de guerre, elle était le signe qu’une nouvelle guerre s’avérait nécessaire.
Et elle a eu lieu, douze ans plus tard, alors que la population subissait encore de plein fouet les effets de la première guerre et de l’embargo. Les études sur les conséquences de l’embargo et des deux guerres contre l’Irak varient dans leur estimation des morts : pour l’ONU, 1,7 million d’Irakiens sont morts rien que des effets de l’embargo ; les chiffres totaux varient jusqu’à estimer le nombre total de morts à plus de quatre millions. Quand il s’agit du nombre des victimes des attentats, à New York, Madrid, Londres, Paris ou Bruxelles, le nombre des morts et des blessés s’établit à l’unité près. Quant au nombre des morts provoqués par les guerres et les embargos, les estimations varient de quelques centaines de milliers d’unités ! C’est normal : les ravages causés par ces guerres sont sans commune mesure avec les souffrances provoquées par les attentats. Ils sont littéralement incalculables. 

Pourtant, nous sommes mobilisés en permanence contre le « danger d’attentats », mais jamais contre la guerre ! 

C’est la ligne adoptée également par la Plate-Forme de la manifestation du 24 mars : elle appelle à commémorer les « victimes de la haine et de la terreur, à Bruxelles et ailleurs »,  en oubliant allégrement les victimes de la guerre et des occupations dans le monde… En oubliant, par la même occasion, le caractère raciste de la lutte contre le terrorisme : déchéance de la nationalité, ciblage systématiques des quartiers à forte densité musulmane, perquisitions très musclées chez les familles de jeunes partis en Syrie, arrestations et maintiens  en prison sans procès pendant de longues semaines de « suspects », relâchés par la suite car totalement innocents.
Les « excuses » du socialiste Tony Blair en 2016 pour avoir entraîné son pays dans la guerre et provoqué ainsi la mort de 179 soldats britanniques étaient particulièrement choquantes, mais nous attendons toujours les « excuses » des partis qui, chez nous, et partout dans « le Nord » ont soutenu l’embargo et la guerre…  Il y a belle lurette que la gauche, dans son ensemble, a renoncé à faire de la lutte contre la guerre un combat prioritaire et urgent.  Qu’elle vote ou laisse passer les mesures antiterroristes sans alerter sur leur caractère antidémocratique et  - dans la pratique – islamophobe.

Le soutien de nos gouvernements à la première guerre d’Irak et à l’embargo n’a pas seulement eu des conséquences dramatiques pour le peuple irakien et les autres peuples de la région et du Sud en général. Il a aussi signifié à l’intérieur de nos pays le départ de la campagne islamophobe qui a présenté les citoyens musulmans comme la potentielle « cinquième colonne ». Dès le 3 septembre 1990, à peine un mois après le début de la première guerre contre l’Irak, Charles Picqué, PS, alors ministre-président de la Région bruxelloise, adresse une lettre à son compère politique, Valmy Féaux, ministre-président de la Communauté française, pour lui demander une intervention contre les radios arabes libres. Il la justifie en ces termes : «  Insidieusement, des appels à une nécessaire mobilisation des masses arabo-musulmanes contre l’impérialisme américain et occidental risquent de précipiter dans les rues bruxelloises des populations maghrébines abusées par des manipulations extrémistes et irresponsables. Le souvenir de la manifestation d’avril 1986, qui a suivi le bombardement américain de Tripoli reste vivace et les conséquences d’une pareille manifestation seraient néfastes, et surtout pour les populations d’origine maghrébine »[5].

C’est la première utilisation par un responsable politique du terme « arabo-musulman ». Le racisme a désormais changé de cible : il ne s’agit plus des « Marocains », des « étrangers » ou autres qualificatifs encore moins aimables. Depuis 1991, la lutte contre le racisme est inséparable de la lutte contre la guerre. Ce que les antiracistes omettent de mentionner en mobilisant pour le 24 mars prochain. Il ne s’agit plus seulement de ne plus « se diviser », ni même d’accorder des droits sociaux (d’ailleurs pourquoi ne parle-t-on plus de droits égaux dans le slogan central ?), mais avant tout de reconnaître le droit des populations issues de l’immigration de défendre le Sud contre les agressions du Nord et de le faire selon l’idéologie qu’elles choisissent pour le faire.
Nous serons donc certainement nombreux à manifester le 24 mars contre le racisme. Mais manifester contre le racisme sans lien avec la lutte contre les guerres menées aujourd’hui au nom de la lutte contre le terrorisme – tant à l’extérieur de nos frontières qu’à l’intérieur – serait complètement inefficace. Car nous vivons de plus en plus dans une société guerrière, militarisée, sous contrôle, où nos enfants et petits-enfants s’entraînent à tirer à vue sur des jeux-vidéos conçus aux USA par le complexe militaro-industriel[6]

La Belgique pour le maintien du désordre mondial


La Belgique n’est pas en reste dans le maintien du désordre mondial. Depuis mai 20107, la Belgique s’est dotée pour la première fois de son existence d’une « loi de programmation militaire », qui prévoit 9,2 milliards d’euros d’investissements militaires jusqu’en 2030. Pour la défendre devant le Parlement, Denis Ducarme (MR) a affirmé que « cette loi de programmation militaire est la plus ambitieuse en terme d’investissements depuis la fin de la Guerre froide ». Quand je vous disais qu’on ne peut pas rester sans ennemis…
En novembre 2017, le Conseil des ministres informait le peuple belge qu’en 2018, pour la dix-septième année consécutive, l’armée belge participera à la Guerre Mondiale contre le Terrorisme. L’armée belge sera engagée sur trois lignes de front : en Afghanistan, en Irak et au Mali.  Notre pays va même doubler sa participation. « La Belgique double sa participation militaire en Irak. L’an prochain, l’armée belge restera active dans les mêmes pays, mais le nombre de militaires envoyés en Irak augmentera sensiblement, dans le cadre de la mission d’entraînement, de conseil et d’assistance des forces locales. Une trentaine de militaires supplémentaires seront également dépêchés en renfort à la mission de l’Otan en Afghanistan »[7].  Et puis, il y aura la participation en Lituanie de 230 militaires belges, de septembre à décembre 2018, à l’opération “Enhanced Forward Presence” (eFP), des exercices militaires de l’Otan contre la Russie, les « missions ponctuelles de formation et d’entraînement » des armées de la Tunisie, du Niger, de Mauritanie, du Burkina Faso, du Niger, du Mali et du Bénin.

Dans l'esprit de Martin Luther King: combattre le racisme, la pauvreté et la guerre !

Comme le disait Martin Luther King dans son premier discours sur le Vietnam : « Nous devons combiner la ferveur du mouvement pour les droits égaux avec le mouvement de la paix. Nous devons manifester, enseigner et prêcher jusqu’à ce que les fondations de notre pays en soient ébranlées »[8].








[1] Stephen Graham, Villes sous contrôle, la militarisation de l’espace urbain, La décourverte, Paris, 2012, page 30
[2] Laurent Murawiec, La guerre au XXIe siècle, Éditions Odile Jacob, Paris, 2000, page 124

[3] Stephen Graham, op. cit., page 226
[4] Idem page 227
[5] https://nadinerosarosso.blogspot.be/2016/05/25-ans-apres-la-revolte-des-jeunes.html
[6] Voir Stephen Grasham opus cité, pages 132-137
[7] http://deredactie.be/cm/vrtnieuws.francais/Politique/1.3095154 
[8] Stewart Burns, To the Mountaintop, Martin Luther Ki,g Jr’sacred mission to save America 1955-1958, HarperSanFranciso, 2004, page 309 (traduction libre)

lundi 5 mars 2018

Wat ik mis in het Platform van de betoging van 24 maart : Geen strijd tegen het racisme zonder strijd tegen de oorlog.


Op 24 maart 2018 zullen we met zijn allen in Brussel betogen tegen het racisme. Vier dagen eerder, op 20 maart 2018, zal het precies vijftien jaar geleden zijn dat de Verenigde Staten hun tweede oorlog tegen Irak begonnen. Een oorlog die ze tot nu toe niet hebben gewonnen. Net zoals ze de eerste oorlog tegen dit land, die zeventien jaar eerder werd gelanceerd, hebben verloren.
De Verenigde Staten verloren de oorlog tegen Korea in 1953. Ze verloren de oorlog tegen Vietnam in 1975. Ze verloren de oorlog tegen Afghanistan, waarin ze na zeventien jaar oorlog nog altijd verstrikt zitten.

Voor degenen die al deze oorlogen lanceren, is het winnen van de oorlog niet het belangrijkste. Waar het er voor hen op aan komt is dat er oorlog is. Openlijke of sluipende oorlogen. Oorlogen zonder einde. Oorlogen buiten en binnen de grenzen. Een permanente staat van oorlog in de zwarte getto’s in de VS, waar de politie blindelings mag schieten en waar gangs een onderlinge broederstrijd voeren.
Voor hen die de oorlogen lanceren maakt het allemaal niets uit: het zijn de mensen onderaan, de armen, die de prijs betalen. Het zijn zij die sterven, in angst leven, hongerlijden en slachtoffer zijn van epidemieën als gevolg van embargo's en van de sloop van essentiële infrastructuur. Het zijn zij die gehandicapt zijn, voor het leven verminkt, zonder scholen, zonder drinkbaar water, wachtend op een paar uur "humanitaire corridor”, of bevoorrading uit de lucht, tussen de bommentapijten. Het zijn de boeren die op de mijnen lopen wanneer ze hun akkers gaan bewerken. Het zijn hun kinderen die nog steeds misvormd geboren worden, zoals in Vietnam, meer dan veertig jaar na het einde van de oorlog, ten gevolge van het sproeien van het ‘Agent orange’ gif door de VS.


Staat van permanente oorlog

Deze staat van permanente oorlog is niet een antwoord op het terrorisme dat door een paar duizend individuen gepleegd wordt. Het is net het omgekeerde: de staat van permanente oorlog is oorzaak en oorsprong van het terrorisme "van onderaf". De staat van oorlog is volkomen onmisbaar voor een wereldsysteem waar de orde, of beter de wan-orde, wordt bepaald door en voor een handvol miljardairs. Een geglobaliseerde wan-orde waarin "het stedelijke en het economische leven van de landen van het Noorden fundamenteel afhankelijk is van de landen van het postkoloniale (en soms neokoloniale) Zuiden".

Oorlogen zijn er niet alleen om de toegang te verzekeren voor het rijke Noorden tot de grondstoffen uit het Zuiden. Het gaat niet alleen om oorlogen "voor olie".
Oorlogen bieden een eersteklas afzetmarkt voor het militair-industriële complex: de Golfoorlog in 1991 liet hen toe om de gigantische bewapening te verkopen, die voorzien was om de inmiddels verdwenen Sovjet-Unie te bestrijden. Oorlogen zijn ook een immens uitvinderssalon, waar multinationals de efficiëntie van hun producten op de grond kunnen testen en bewijzen. Wist u dat de GPS voor de eerste keer werd gebruikt tijdens de eerste Golfoorlog? Alle ontwikkelingen van het internet hebben na deze oorlog een geweldige boom gekend. Is er een betere reclame voor technologie dan een zeer destructieve oorlog, met weinig slachtoffers aan de kant van de agressor? En vernietigen betekent ook heropbouwen: nieuwe lucratieve contracten in perspectief, ditmaal voor de lobby's van de bouwsector, de medische apparatuur, enz. Met de staatsgarantie voor de financiering is maximale winst gegarandeerd. En tenslotte maakt de oorlog het mogelijk om de ideologie van de supermacht die vecht “tegen de barbaren” te onderhouden en te ontwikkelen.
De eerste oorlog van de internationale coalitie tegen Irak in 1991 werd eerst voorafgegaan en later gevolgd door een embargo dat negentien jaar duurde en dat een ware catastrofe betekende voor het Iraakse volk. De twee oorlogen, die dit land hebben verwoest, hebben de infrastructuur, nodig voor de gezondheid en voor het economisch, sociaal en cultureel leven van de bevolking, volkomen vernietigd. Tegen het einde van de eerste oorlog tegen Irak was de elektriciteitsproductie gedaald tot 4% van wat ze was vóór de oorlog. De inlichtingendienst van het Amerikaanse ministerie van defensie voorspelde dat de oorlog zou leiden tot "een complete instorting van het Iraakse watervoorzieningssysteem". De combinatie van embargo en oorlog heeft Irak letterlijk teruggeschoten naar een pre-industriële situatie. En dit in een land dat voorheen functioneerde als een modern en technologisch vooraanstaand land. Alle voorwaarden voor een bewust geplande genocide waren aanwezig. Het verzet van het Iraakse volk tegen al deze ellende verbaasde de wereld. Het wekte bewondering op, maar voor de oorlogsmakers was het een teken dat een nieuwe oorlog noodzakelijk was.

En die vond twaalf jaar later plaats, terwijl de bevolking nog volop de impact van de eerste oorlog en van het embargo onderging. Studies over de gevolgen van het embargo en van de twee oorlogen tegen Irak variëren in hun schatting van het aantal slachtoffers: alleen al als gevolg van het embargo zijn er volgens de VN 1,7 miljoen Irakezen gestorven. In totaal wordt het totale aantal doden op meer dan vier miljoen geschat. Als het gaat om slachtoffers van de aanslagen in New York, Madrid, Londen, Parijs of Brussel, dan wordt het aantal doden en gewonden tot de laatste man, vrouw of kind, geteld en bekend gemaakt. Wanneer het gaat om het aantal doden ten gevolge van oorlogen en embargo's, dan variëren de schattingen met enkele honderdduizenden eenheden! Misschien is dit ook maar normaal: de vernietiging veroorzaakt door deze oorlogen staan ​​niet in verhouding tot het lijden veroorzaakt door de aanslagen. Ze zijn letterlijk onberekenbaar. We zijn en worden evenwel permanent gemobiliseerd tegen het "gevaar van aanslagen", maar nooit tegen de oorlog! Dit is de lijn die ook door het platform van de 24 maart-demonstratie gevolgd wordt. Het roept op tot het herdenken van de "slachtoffers van haat en terreur, in Brussel en elders", terwijl men de slachtoffers van oorlog en bezetting moeiteloos onder de mat veegt en vergeet. En waarbij men tegelijk het racistisch karakter van de strijd tegen het terrorisme vergeet: het afnemen van de Belgische nationaliteit, het systematisch viseren van gemeenten en  buurten met een moslimbevolking, herhaalde en gespierde huiszoekingen bij de families van jongeren die naar Syrië vertrokken, arrestaties en wekenlange gevangenzetting van "verdachten", die later worden vrijgelaten omdat ze totaal onschuldig zijn.

De “verontschuldigingen” van de socialist Tony Blair in 2016 over het feit dat hij zijn land de oorlog heeft ingestuurd en zo de dood van 179 Britse soldaten heeft veroorzaakt, waren gewoonweg shockerend.  Maar bij ons, en in heel het Noorden, is het nog steeds wachten op de eerste 'excuses' van partijen die het embargo en de oorlog hebben gesteund. Links in zijn geheel heeft sinds lang de strijd tegen de oorlog opgegeven als prioritaire en meest dringende strijd. Het stemt in met antiterrorismemaatregelen zonder te mobiliseren tegen hun ondemocratisch karakter en tegen hun - in de praktijk - islamofobe aard.

De "vijfde kolonne"

De steun van onze regeringen voor de eerste oorlog tegen Irak en voor het embargo heeft niet alleen dramatische gevolgen gehad voor het Iraakse volk en voor alle andere volkeren in de regio en voor het Zuiden in het algemeen. In onze landen betekende het ook de start van een islamofobe campagne die de moslimburgers voorstelde als de potentiële "vijfde kolonne”. Vanaf 3 september 1990, nauwelijks een maand na het begin van de eerste oorlog tegen Irak, schreef Charles Picqué, PS, minister-president van het Brussels Hoofdstedelijk Gewest, een brief aan zijn collega Valmy Loving, toen Eerste Minister van de Franse Gemeenschap, om hem te vragen op te treden tegen de Arabische vrije radio's. Hij rechtvaardigde dit als volgt, ik citeer: "op een verraderlijke manier wordt opgeroepen tot een noodzakelijke mobilisatie van de Arabische en moslim massa's tegen de VS en tegen het Westers imperialisme. We lopen zo het risico dat bevolkingsgroepen afkomstig uit de Maghreb in Brussel de straat op trekken, gemanipuleerd door onverantwoordelijke extremisten. Herinner u de demonstratie van april 1986, die volgde op de Amerikaanse bombardementen op Tripoli. De gevolgen daarvan zijn nog altijd voelbaar en de gevolgen van een nieuwe manifestatie zouden bijzonder nefast zijn, vooral voor mensen van Maghreb-origine.”
Het was de eerste keer dat een politicus de term "Arabisch-islamitisch" gebruikte. Het racisme is van doelwit veranderd: het gaat niet langer om "Marokkanen", om "buitenlanders" of andere kwalificaties, die nog minder vriendelijk zijn. 

Vanaf 1991 is de strijd tegen racisme onafscheidelijk verbonden met de strijd tegen oorlog. Wat de antiracisten niet vermelden in hun mobilisatie voor 24 maart. Het gaat er niet langer om op te roepen om ons “niet te verdelen”, of ons te beperken tot het oproepen tot het toekennen van “sociale rechten” (en in dit verband, waarom spreekt men niet meer over gelijke rechten in de centrale slogan?). Het gaat er vandaag voor alles om het recht te erkennen voor bevolkingsgroepen met een allochtone achtergrond om het Zuiden te verdedigen tegen de aanvallen van het Noorden en dit volgens de ideologie die zij hiervoor zelf kiezen.

We zullen zonder twijfel met velen zijn op 24 maart. Maar protesteren tegen het racisme zonder de band te leggen met de strijd tegen de oorlog die vandaag gevoerd wordt in naam van de strijd tegen het terrorisme - zowel buiten als binnen onze grenzen – zou volkomen inefficiënt zijn. Want we leven in een steeds meer oorlogszuchtige, gemilitariseerde, gecontroleerde maatschappij. Waarin onze kinderen en kleinkinderen leren schieten op de videogames die in de VS zijn ontworpen door het militair-industriële complex.

De militarisering van België

België blijft niet ten achter wanneer het aankomt op het handhaven van de geglobaliseerde wanorde. Sinds mei 2017 heeft België voor het eerst in zijn bestaan ​​een "wet voor de programmering van de militaire investeringen”, die loopt tot 2030 en 9,2 miljard euro aan militaire investeringen voorziet. Om die wet te verdedigen voor het Parlement, verklaarde Denis Ducarme (MR) dat "de wet voor de programmering van de militaire investeringen de meest ambitieuze investering is sinds het einde van de Koude Oorlog". Zoals ik al zei in het begin van dit artikel: we kunnen niet zonder vijanden…
In november 2017 liet de Ministerraad het Belgische volk weten dat het Belgische leger in 2018, voor het zeventiende jaar op rij, zal deelnemen aan de oorlog tegen het terrorisme. Het Belgische leger zal present zijn op drie frontlinies: in Afghanistan, Irak en Mali. Ons land verdubbelt zelfs zijn deelname. "België verdubbelt zijn militaire aanwezigheid in Irak. Volgend jaar zal het Belgische leger actief blijven in eenzelfde aantal landen, maar het aantal soldaten dat naar Irak wordt gestuurd zal aanzienlijk toenemen, als onderdeel van de trainingsmissie, advies en hulp aan de plaatselijke troepen. Om de missie van de NAVO in Afghanistan te versterken, zullen dertig extra soldaten worden ingezet.” En dan zijn er ook nog: de deelname van 230 Belgische militairen, van september tot december 2018, aan de "Enhanced Forward Presence" operatie (VET) in Litouwen, de militaire oefeningen van de NAVO tegen Rusland. En de “tijdelijke missies van vorming en training van de legers van Tunesië, Niger, Mauritanië, Burkina Faso, Niger, Mali en Benin.”

Zoals Martin Luther King in zijn eerste toespraak over Vietnam zei: "We moeten de hartstocht van onze beweging voor gelijke rechten doen samengaan met de vredesbeweging. We moeten betogen, onderwijzen, prediken…tot de fundamenten van ons land aan het wankelen worden gebracht ".



dimanche 14 janvier 2018

Honneur à Londres aux mamans courage de Belgique

Par l’intermédiaire de Nadia Fadil, que je remercie ici, j’ai été invitée à livrer mon témoignage lors d’un séminaire de deux jours à Londres, consacré aux droits de l’homme dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et de sa prévention par les campagnes de déradicalisation. Ce séminaire était organisé par Rights Watch (UK), avec le soutien de Chatham House. Mon intervention devait se situer dans la partie du colloque consacrée au genre. Suite à cette intervention, que je vous livre ici dans son intégralité, des participants ont manifesté leur souhait d’éditer les deux livres en anglais.

Je tiens à vous remercier pour cette invitation qui me donne l'occasion de témoigner du courage extraordinaire d'un groupe de femmes belges. Comme je l'ai dit aux organisateurs, je ne suis pas spécialiste du genre mais j'ai eu l’immense chance de rencontrer des femmes très spéciales, qui ont affronté les pires difficultés de notre temps, la lutte contre le terrorisme.
Elles ont fait face à des situations terribles parce qu'elles sont mères. L'amour de leur enfant leur a donné la force d’affronter la discrimination, la violence policière, la haine médiatique, l’isolement, la suspicion, les lois antiterroristes et la justice.
En avril 2013, un professeur me téléphone. Elle est en larmes parce qu'un de ses élèves, âgé de 15 ans, n’est pas retourné à l'école après les vacances de Pâques. Il est parti pour la Syrie, avec un ami âgé de 16 ans. Leurs deux mamans cherchent de l'aide et cette enseignante nous met en contact…

Cinq années de combats ininterrompus

Ce fut le début d'une longue lutte, rejointe par de nombreuses mamans. Une longue lutte contre les autorités, l'opinion publique, la justice, les médias ...
J'ai été tellement impressionnée par la force de leurs mots et j'ai tellement appris sur la réalité de ces familles que j'ai suggéré aux mamans d'organiser un atelier d'écriture.
Les mamans étaient étonnées, elles ne croyaient pas pouvoir écrire un livre mais, en même temps, elles étaient enthousiastes et, surtout, fermement décidées à défendre leur enfant, leurs enfants.
Je n'avais absolument aucune idée sur la façon de faire. Lors de la première rencontre, j'ai tout de suite compris qu'il était totalement impossible de demander aux femmes d'écrire, là, dans l'environnement immédiat du groupe.
Elles avaient terriblement besoin de parler. Elles avaient besoin de pleurer, de rire, de manger toutes sortes de pâtisseries, de se préparer un bon repas et de le partager. Elles avaient besoin de se poser mutuellement des questions, de comprendre et d'être comprises.
J'ai décidé de prendre quelques notes, d'écrire certains de leurs mots. Après la réunion, j'ai tapé mes notes et je les ai renvoyées à chaque mère individuellement, pour lui restituer ce qu'elle avait dit dans le feu de la conversation.
À chacune séparément, parce qu'elles ont immédiatement décidé, d'un commun accord et spontanément, de ne pas partager leur travail tant que leur livre ne serait pas complètement terminé et publié.
Pourquoi? Je suppose qu'elles étaient trop timides, trop incertaines de leur propre capacité à écrire. Six des mamans ont commencé à écrire. À chaque réunion avec tout le groupe, certaines me donnaient quelques feuillets, arrachés d'un cahier d'écolier. Tout était écrit à la main.
J'ai commencé à taper le premier livre, le livre de Samira. Je n'ai fait aucun commentaire sur son travail, je n'ai donné aucun conseil, j'ai juste tapé et corrigé des fautes d'orthographe. Et je lui ai juste dit : « Continue, c'est tellement beau, tu fais un superbe travail pour ta fille ».  « Vraiment ? - Oui, Samira, vraiment, c'est vraiment magnifique ».
Et ce l’était. Et je savais que la moindre critique aurait pu l'arrêter car, de l'école primaire à la vie active, les travailleurs sont déclarés incapables d'écrire. Écrire des livres, c’est quelque chose pour l'élite...
Dès le début de notre atelier, j'ai expliqué aux femmes que nous n'avions qu'une très petite maison d'édition ; elles devraient financer les frais d'impression et vendre le livre dans leurs propres réseaux pour récupérer l'argent. J'ai souligné le fait qu'il est très difficile de vendre des livres si vous n'avez pas le soutien d'une grande maison d'édition. Mais, d'un autre côté, au moins, vous avez la liberté de dire ce que vous voulez vraiment dire et de décider comment l'exprimer.

Deux livres pour comprendre et rester humain


Le premier atelier a eu lieu en avril 2015 et le livre de Samira «Le bonheur est parti avec toi» a été publié le 9 novembre de la même année. Nous étions si heureuses. Nous avons fixé une réunion pour le week-end suivant, afin de célébrer ensemble la naissance de notre premier livre. Je dis «notre» livre parce que tout le groupe de mamans considérait chaque livre comme un livre provenant du groupe des mamans entières, même si le travail était totalement individuel.












Lorsque nous nous sommes rencontrées, lors de ce fameux week-end, nous venions d'entendre parler de l'attentat du 13 novembre à Paris. Cela a assombri notre réunion et nous avons décidé de reporter d’une semaine notre conférence de presse.

Ce que nous ne savions pas, en ce moment, c'est que le fils d'une autre maman, Fatima, également membre de notre groupe, s'était fait exploser devant le Stade de France.
Fatima l'a appris dans la presse, le lendemain de notre rencontre. Et elle a décidé de recommencer le livre qu'elle était en train d'écrire à l’époque.  Son livre « À travers mes souvenirs et mes larmes, lettre à mon fils » a été publié en septembre 2017.
Je pourrais parler longuement sur cet atelier, la vente des livres, les nombreuses réactions, la fierté mutuelle des femmes quant à leur travail. Je voudrais plutôt vous lire des extraits significatifs de chaque livre afin que vous puissiez comprendre comment les femmes ont été traitées et ce qu'elles vivent depuis cinq ans.
Fatima a écrit : « J’ai toujours respecté la police car elle a pour fonction de nous protéger. Mais depuis ce jour du 5 mars 2015, je les ai vus autrement, comme terroristes. Ils ont fait entrer chez moi la terreur, avec leurs grosses bottes, les pistolets, leurs mitraillettes courtes, sans oublier leur violence physique et verbale.
À la télévision, dans des reportages, j’ai entendu plusieurs fois des personnes dire que nous sommes des parents démissionnaires et que nous ne vous donnions pas beaucoup d’amour. C’est d’autant plus dur d’entendre cela que c’est si loin de la réalité ! Je sais que je ne suis pas parfaite, que j’ai fait des erreurs et que j’en fais pas mal encore ; personne n’est parfait.

Quelques jours après ton enterrement, il y a eu un attentat à l’aéroport de Zaventem et au métro Maelbeek. Ces deux attentats-suicides ont fait 32 morts et des dizaines de blessés. La Belgique a ainsi aussi été frappée par le drame. Ce que je ne parviens pas à m’expliquer, c’est pourquoi je me suis sentie aussi coupable pour ces 32 victimes. Et mes pensées sont aussi allées vers les familles des kamikazes. Je me suis dit : « Mon Dieu, sur quelles familles ça va tomber ? ». Ils vont apprendre la mort de leurs enfants par la presse, sans compter le harcèlement des journalistes, les perquisitions et les auditions par les fédéraux. Et le pompon, le jugement et la condamnation par les gens et par la famille…
Samira a écrit : « La police me dit que je serai toujours liée au terrorisme à cause de ma fille. Je le dis et le redis : nous ne sommes pas terroristes, ni moi, ni ma fille, qui n’est partie rejoindre aucun mouvement ni quoi que ce soit d’autre. On l’a recrutée avec de belles paroles et l’amour qu’elle portait à T. a fait le reste. La police a laissé faire bien qu’elle était au courant du danger encouru par ma fille et nos enfants depuis longtemps. Alors qu’elle arrête de m’associer au terrorisme auquel je n’adhère pas. Mes enfants et moi sommes victimes de cette situation. Nous sommes des citoyens comme les autres. Il faut que la justice change sa façon de voir les parents, les frères et les sœurs qui doivent être considérés comme des victimes d’une situation qu’ils n’ont jamais souhaitée.
Ma fille, ma Nora. Ton endoctrinement s’est fait si vite. Je ne cesse de penser à tout ça. Je ne me suis pas rendu compte qu’en ce moment fragile, tu avais besoin de moi et je n’ai pas reconnu les signes qu’eux ont su détecter. Pourquoi je n’ai rien vu ou rien voulu voir ? Pourquoi ?Je m’en voudrai toute ma vie et jamais je ne me pardonnerai, jamais. »
Je veux juste maintenant souligner la signification politique de ces livres.
Tout d'abord, si vous voulez comprendre un phénomène social et politique comme le terrorisme, vous ne pouvez pas le faire sans saisir l'aspect humain de ce phénomène. Vous devez le vivre de l'intérieur, pour apprendre des personnes directement concernéss. J'ai beaucoup appris grâce à ces mamans.
Dès le début, et déjà bien avant la naissance de Daech, ces femmes ont voulu aider à empêcher les départs de jeunes pour la Syrie. Mais personne n'était intéressé ... jusqu'aux attentats de Paris et plus tard à Bruxelles.
Tant que les jeunes se battaient et mouraient en Syrie, personne ne s'en souciait, sauf les parents, et surtout les mères. Elles ont frappé à toutes les portes, sans résultat. La police et les autorités étaient au courant des départs, ils connaissaient les recruteurs, ils écoutaient les conversations téléphoniques des jeunes avant de partir ...
Au lieu d'aider les mères, elles ont cassé leurs portes au milieu de la nuit, elles les ont mises par terre et les ont menottées, et elles ont pris leurs photos et notes personnelles. En un mot, police et autorités ont traité les mères comme des terroristes. C'est leur véritable expérience.
Et ce genre de traitement n'élimine pas le terrorisme, il le renforce, car d'autres jeunes ont entendu parler de ces situations et leur colère contre le système grandit à chaque fois.
Maintenant que les attentats ont frappé nos villes, les autorités dépensent des fortunes dans les soi-disant campagnes de déradicalisation et pratiquement n'importe qui peut se déclarer expert en la matière.
Jusqu'à présent, personne n’a déclaré ces mères expertes ; peut-être parce que ce sont de simples femmes qui travaillent, sans diplôme universitaire. Peut-être parce qu'elles sont contre le racisme et l'injustice, contre la discrimination sociale, économique et ethnique - peut-être parce qu'elles sont contre la guerre, peut-être parce qu'elles soutiennent le peuple palestinien ... Je vous laisse juges.

Toute cette histoire est-elle liée au genre? Comme je l'ai dit, je ne suis pas une spécialiste. Ce que je peux dire, c'est que le courage des femmes pour défendre leurs enfants est inépuisable. Depuis avril 2013, beaucoup de leurs enfants sont morts ou ont disparu en Syrie. Beaucoup de mères sont devenues grand-mères quand leurs enfants étaient en Syrie, mais elles n'ont aucun contact avec leurs petits-enfants. En tant que mère et grand-mère, je ne sais pas si j'aurais le même courage que ces femmes qui tombent et se relèvent à chaque fois. Mais ce dont je suis sûre, c'est que nos dirigeants n'aiment pas les femmes qui se battent pour l'avenir de tous les enfants. Est-ce lié au genre? Peut-être ou peut-être pas.